Il y a des périodes où l'on sent que tout s'arrête, s'immobilise. C'est comme si la photographie ne figeait pas le mouvement mais le créait.
Il est apaisant de cheminer là où rien ne bouge, là où même le ciel s'efface. Être face au silence et à l'immobilisme, et pourtant sentir que la vie est bien là. Discrète.
Les arbres gardent toujours une certaine prestance. Nues, leurs branches forment un réseau de racines dressées vers le ciel, comme des antennes entre le cosmos et la terre. Peu importe la direction, même si on ne l'entend pas, le dialogue est toujours là.
Parfois, le ciel se montre doux, cotonneux. Il se mêle au reflet de l'eau sans bruit, comme s'il cherchait à se rejoindre lui-même.
Tout se prépare, sans rien dire. On pressent partout un grand basculement. La lumière prend de la hauteur. La vie prend un nouveau départ. Sans prévenir. Sans rien dire. Les énergies vont rejaillir de la terre vers le ciel.
Le basculement est aussi en nous. L'observateur et l'observé peuvent se rejoindre — regarder le ciel, c'est parfois se regarder soi.
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Certaines images préfèrent ne se révéler que sur le papier.